Le pouvoir de dissiper les brumes

Loretta Rossi : conception, photos, travail graphique

Guillaume Pierrat : création musicale

Installation de 95 photos

Technique : photos n&b, réhaussées d’encre

Bande sonore diffusée en stéréo

Des mains de femmes.

Des mains de femmes âgées.

Des mains intenses, comme la vie de celles à qui elles appartiennent.

Des mains jointes dans un geste simple.

 

Une multitude silencieuse qui évoque la puissance de la prière, puissance que Dante exprime ainsi dans ce vers du Paradis : « Le pouvoir de dissiper les brumes » (« ...Perche tu ogni nube li disleghi », Le Paradis, chant XXXIII)

 

« Le pouvoir de dissiper les brumes » a été présenté pour la toute première fois en 2003 dans une des chapelles de l’église Saint-Sulpice à Paris. L’installation qui sera présentée en 2018 (dans le cadre du festival Septembre imaginaire à Cluny et à La nouvelle galerie, à Jambles) sera accompagnée de Still life, une musique originale créée pour l'occasion par Guillaume Pierrat.

 

 

Parallèlement à mon activité d’artiste plasticienne, j’ai été pendant presque 20 ans, bénévole chez les Petites Sœurs des Pauvres à Paris. Les raisons profondes qui m’ont poussée à donner un peu de mon temps à la visite régulière d’un certain nombre de femmes âgées me sont toujours obscures, mais la compassion, le respect, l’affection tout simplement m’ont guidée tout le long de ce parcours.

J’ai été confrontée à la vieillesse bien sûr, mais aussi à la solitude, la maladie, la mort. J’ai rencontré beaucoup de femmes, je me suis liée d’amitié avec certaines d’entre elles, avec lesquelles j’ai connu une vrai complicité malgré notre différence d’âge, de culture.

Je croyais donner mais en réalité j’ai beaucoup reçu d’elles : une certaine joie de vivre, la force dans l’adversité, le partage, le courage, le rire et les larmes, la générosité désintéressée...

Elles sont parties les unes après les autres, je les ai accompagnées, elles resteront pour toujours avec moi, dans mon cœur. J’avais de mon côté la jeunesse, des mots plein la tête, de l’imagination. J’ai écouté, encouragé, partagé mon univers artistique lorsque cela a été possible. Des textes sont nés, ainsi que des photos.

Il me semble que faire revivre la mémoire d’Yvonne, Amandine, Huguette, Georgette, Claude... soit pour moi une façon de leur rendre hommage, de leur dire encore une fois merci et en tant qu’artiste, d’offrir une contribution modeste à la réflexion sur la vieillesse.

Loretta Rossi

 

Ni illustration ni accompagnement, Still Life propose aux visiteurs de l’installation un contrepoint aux travaux de Loretta Rossi. Le travail sonore est axé sur l’attaque, toujours douce, progressive et feutrée, son prolongement et son extinction, travaillée de façon à être perçue comme l’émission du son de la pièce suivante, assimilant de ce fait l’installation sonore à une suite.

Sans gommer totalement la dimension naturellement très rythmique de l’instrument, Still Life est donc avant tout un travail sur le timbre (densité, grain, texture) et sur la matière sonore.

Guillaume Pierrat

 

 

 

Le pouvoir de dissiper les brumes ...live

A l’occasion de la présentation du Pouvoir de dissiper les brumes, Loretta Rossi et Guillaume Pierrat proposent un duo mêlant lectures et musique.

Les textes lus par Loretta Rossi, en français et en italien, sont tirés de la troisième partie de La Divine Comédie (Le Paradis).

La musique jouée par Guillaume Pierrat reprend pour partie des éléments de l’installation sonore et des éléments musicaux développés pour cette performance publique. Elle peut être proposée lors du vernissage de l’installation où à tout autre moment pendant durée d’ouverture au public.

Le pouvoir de dissiper les brumes

la note éclose Association d'artistes - diffusion de projets culturels et pédagogiques